Fourbure : objectiver la douleur pour un traitement rapide et ciblé

30/06/2026

Formation - Scientifique

La fourbure n’est pas qu’un problème de pied: c’est une urgence analgésique. Une douleur profonde, sourde, souvent invisible — surtout chez l’âne. La clé ? Détecter systématiquement la douleur, puis la traiter par une approche multimodale, sans attendre que les lésions s’installent.

Chez le cheval, la Horse Grimace Scale (HGS) permet d’évaluer la douleur sans bouger l’animal, tandis que l’échelle d’Obel reste utile pour suivre la locomotion. Chez l’âne, beaucoup plus stoïque, la COMPASS Donkey Pain Scale est incontournable : posture, regard, tension faciale, appétit, interaction… Un âne qui se fige ou transfère son poids de façon répétée doit être considéré comme douloureux jusqu’à preuve du contraire.

Une fois la douleur objectivée, la prise en charge doit être rapide et multimodale. AINS (avec adaptation stricte chez l’âne), paracétamol https://beva.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/evj.13601 , opioïdes, et, si nécessaire, perfusions continues de lidocaïne ou de kétamine pour limiter la sensibilisation centrale. Les techniques locorégionales - perfusion régionale de morphine, épidurale, blocs digitaux - permettent de cibler le pied tout en limitant les effets systémiques. L’objectif est simple : chaque intervention doit faire baisser le score de douleur. Le score devient ainsi un véritable outil de pilotage : il guide l’instauration, l’adaptation et la diminution progressive de l’analgésie, tout en permettant de vérifier objectivement l’efficacité du traitement.

La stratégie change selon la phase

  • Aigu : contrôler l’inflammation, stabiliser mécaniquement, prévenir la progression.
  • Chronique : prendre en charge le trouble endocrinien, adapter l’alimentation (<10 % de glucides non structuraux [GNS], incluant sucres, amidon et fructanes), favoriser la perte de poids et reprendre l’exercice une fois la stabilité acquise.

Et rien de tout cela ne fonctionne sans une collaboration étroite avec le maréchal-ferrant : parage de précision, supports solaires, breakover reculé, radiographies régulières.

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Enfin, chez les chevaux à haut risque - colites, coliques, fractures - la prévention active (cryothérapie, analgésie adaptée, soutien du membre controlatéral) reste notre meilleure arme pour limiter les complications.