Étudiants, jeunes vétérinaires : vous avez votre place parmi nous !
31/01/2026
AVEF Junior - Edito - Pratique
Entrer dans la profession vétérinaire aujourd’hui, ce n’est pas anodin.
C’est choisir un métier exigeant, parfois rude, souvent intense. Un métier qui demande de la rigueur scientifique, de la résistance émotionnelle, de la technique, du sang-froid… mais aussi de l’humilité, du travail d’équipe, et une grande capacité à apprendre encore et toujours. On parle beaucoup des difficultés du métier. Pas assez de ce qui permet de tenir : les autres.
Car aucun vétérinaire ne se construit seul. Vous n’êtes pas seul.
Nous sommes presque tous le produit d’un stage marquant, d’un encadrant patient, d’une ASV pédagogue, d’un associé exigeant mais juste, d’une équipe qui a accepté de nous voir hésiter, nous tromper, recommencer.
C’est exactement ce que rappelle Le guide pratique du stage vétérinaire porté par Mathilde Chapelay, vétérinaire (cliniques de Beauregard à La Motte Servolex et du Grand Verger à Chambéry) et gagnante du prix de thèse Ergone 2026. Un outil pensé à la fois pour les étudiants et pour les équipes qui les accueillent, structuré autour de trois piliers simples et puissants : préparer l’arrivée, accompagner pendant le stage, suivre la progression et évaluer avec bienveillance. Un guide qui parle autant de compétences techniques que de confiance, de feedback, de droit à l’erreur et de posture pédagogique de l’encadrant.
Mais au-delà d’un document, c’est une dynamique plus large qui est en train d’émerger !
Depuis plusieurs mois, l’Ordre, la SNVEL, l’AFVAC, l’AVEF et la SNGTV travaillent ensemble à un projet d’intégration structurée des jeunes vétérinaires dans la profession, et ce de façon transverse : une démarche collective pour mieux accueillir, structurer l’intégration, accompagner les premières années d’exercice, harmoniser les pratiques et éviter que les jeunes confrères et consœurs ne se retrouvent seuls face à leurs doutes.
Et surtout, aider aussi les vétérinaires libéraux, gérants de leurs structures, à optimiser leurs pratiques d’accueil.
Il est évident que les institutions ont aussi leur rôle à jouer. Devenir vétérinaire, c’est aussi pouvoir être soutenu par ses organismes professionnels tels que l’AVEF, par des formations, du soutien et des échanges.
Alors, certes, c’est nouveau, probablement imparfait, mais c’est un signal fort : la profession reconnaît que la compétence ne suffit pas, que la transmission ne peut plus être laissée au hasard, et que l’intégration est une responsabilité collective. Et surtout, sans opposer les générations.
À celles et ceux qui sont encore sur les bancs des écoles, ou qui font leurs premiers pas en clinique, il faut le dire clairement : vous avez le droit de ne pas tout maîtriser, d’avoir peur, de poser des questions simples.
Vous avez aussi le droit d’être ambitieux, exigeants, porteurs de nouvelles façons de soigner, de travailler, d’organiser nos structures.
Il serait malhonnête de ne pas dire aussi que, de l’autre côté, beaucoup d’employeurs – souvent issus de la génération X ou Y – avancent avec leurs propres inquiétudes. Peur d’investir du temps, de l’énergie, de la formation… sans savoir si le ou la jeune vétérinaire restera. Peur de ne plus parler le même langage, de ne pas partager les mêmes repères sur l’engagement, le rythme de travail, la place du métier dans une vie. Peur parfois de ne plus être à la hauteur comme encadrant, dans un monde qui change plus vite qu’eux. Ces inquiétudes ne sont ni des reproches, ni des résistances au changement : elles sont le reflet d’une génération qui a beaucoup donné à ce métier et qui cherche, elle aussi, à comprendre comment continuer à transmettre sans se perdre.
Notre responsabilité, comme vétérinaires installés, comme encadrants, comme organisations professionnelles, est de créer des environnements où l’on apprend sans se briser, où l’on progresse sans s’endurcir inutilement, où l’exigence rime avec respect.
La profession vétérinaire ne se transmet pas seulement par des protocoles et des référentiels. Elle se transmet par une culture : celle de l’entraide, de la pédagogie, de la responsabilité et de la confiance. Et l’AVEF, comme les autres instances, a décidé de s’emparer de ce sujet. Rassembler autour de ce qui nous unit, la passion de ce métier, des animaux et des gens, plutôt que de cristalliser les différences qui nous opposent est plus que jamais d'importance capitale.
Et pour rappel, si vous avez été diplômé entre 2020 et 2025, n’oubliez pas de répondre à notre questionnaire, dont le but est de connaitre vos attentes en termes d’intégration professionnelle avec précision, afin de pouvoir tenter d’y répondre, collectivement.
https://forms.gle/uzqoLpTczmG8b5zN9
Avec espoir et confraternité,
Charlotte Firidolfi, vétérinaire et membre du CA de l'AVEF