Virus West Nile : une circulation confirmée en Île-de-France appelle à la vigilance
31/07/2026
Pratique
La circulation du virus West Nile (WNV) a été mise en évidence en Île-de-France par le Laboratoire National de Référence pour le WNV dans le cadre d’un projet de recherche visant à renforcer la surveillance de ce virus. L’objectif de ce projet est de détecter précocement les premiers signaux de circulation virale, avant l’apparition de cas chez les équidés et l’Homme.
Dans ce contexte, six cas mortels d’infection à WNV ont été identifiés chez des corneilles noires, collectées entre la dernière semaine de mai et les deux premières semaines de juin 2026, dans différents départements de la région parisienne (Figure 1) : Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine, 92), Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne, 94), Paris (12ᵉ et 14ᵉ arrondissements) et Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne, 77).

Figure 1: Distribution des cas aviaires positifs au virus West Nile collectés fin mai-début juin 2026
Pour rappel, le virus West Nile (WNV) est maintenu dans un cycle enzootique impliquant principalement les oiseaux, qui constituent les hôtes réservoirs et amplificateurs, et les moustiques du genre Culex, qui assurent sa transmission. Si une centaine d'espèces de vertébrés peuvent être infectées par le virus, comme en témoigne la présence d'anticorps, elles ne développent généralement pas une virémie suffisante pour contribuer à son maintien dans la nature. Elles sont donc considérées comme des culs-de-sac épidémiologiques, à l'image des équidés et de l'Homme. En France, la période de circulation du virus est étroitement liée à l'activité des moustiques vecteurs et s'étend généralement de mai à novembre.
Le WNV représente également un enjeu de santé publique, des transmissions interhumaines pouvant survenir de manière exceptionnelle par transfusion sanguine, transplantation d'organes ou de tissus, ou encore de la mère à l'enfant.
Chez le cheval, l’infection est le plus souvent asymptomatique, mais environ 20 % des animaux infectés présentent une fièvre modérée associée à une altération de l’état général. Dans 1 à 10 % des cas, une atteinte neurologique (encéphalomyélite) peut survenir, se manifestant notamment par une dépression, des phases d’hyperesthésie, une ataxie, des tremblements ou fasciculations musculaires, une parésie ou une paralysie, pouvant conduire au décès. Lorsque l’évolution est favorable, les signes cliniques régressent généralement en 8 à 10 jours. Toutefois, la convalescence peut durer plusieurs mois et 80 à 90 % des chevaux survivants conservent des séquelles neurologiques transitoires nécessitant une récupération prolongée.
Rappel réglementation :
La maladie est à notification obligatoire auprès de la Commission Européenne chez l’Homme et les équidés depuis 2009 et chez les oiseaux depuis 2021. Suite à la mise en application de la Loi Santé Animale en avril 2021, la fièvre de West Nile est passée du statut de maladie de première catégorie à une maladie de type E à déclaration obligatoire (RE2016/429).
En France, la surveillance en santé animale repose sur système passif où seuls les cas syndromiques sont investigués et déclarés auprès de la DGAL (IT DGAL/SDSPA/2015-746). En cas de suspicion d’infection par le WNV, celle-ci doit être signalée à la DD(ETS)PP du département concerné et un prélèvement sanguin (sur tube sec) doit être réalisé. Celui-ci est ensuite adressé à un laboratoire agréé pour le diagnostic WNV (Labéo, Laboratoire Vétérinaire Départemental de l’Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhône, ou le CIRAD en Guadeloupe), ou directement au LNR West Nile.
Afin de faciliter la transmission des informations, un document récapitulatif doit accompagner le prélèvement et comporter les éléments suivants : Nom de l’équidé, N°SIRE, Date de début des symptômes, signes cliniques observés, traitements symptomatiques administrés, lieu de stationnement, déplacements réalisés au cours du dernier mois, vaccination WNV.
Pourquoi est-ce important de déclarer un équidé ?
Les équidés sont des hôtes sentinelles pour la surveillance du virus West Nile. La notification d’un cas équin est relayée en santé publique. Le virus pouvant être transmis via les dons de sang et d’organes, sa détection chez les équidés et sa notification aux autorités sont essentielles : elles constituent un levier clé de santé publique pour sécuriser les dons et prévenir tout risque de transmission.
Quelles sont les conséquences pour un équidé déclaré ?
Aucune, les équidés sont des culs-de-sac épidémiologiques, ils ne participent pas à la propagation du virus. Aucune restriction de déplacement et de mise en quarantaine de l’écurie est nécessaire.
Rappel diagnostic :
Le diagnostic de certitude repose principalement sur des analyses sérologiques de type ELISA permettant la détection des anticorps de type IgM et IgG. En revanche, la détection du génome viral par RT-PCR n’a que peu d’intérêt dans l’examen ante-mortem car le virus se concentre principalement dans le cerveau de l’animal infecté symptomatique, la virémie étant fugace et survient avant l’apparition des signes cliniques.
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter le LNR West Nile :
Co-responsables : Camille Migné et Gaëlle Gonzalez
Mail : camille.migne@anses.fr ; gaelle.gonzalez@anses.fr
Tel : 06 03 88 43 12
Adresse postale :
ANSES, Laboratoire de Santé Animale
LNR West Nile – C. Migné et G. Gonzalez
14 rue Pierre et Marie Curie
94700 Maisons-Alfort