Tutorats vétérinaires : quelle place pour l’équine ?
28/02/2026
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Une mission du CGAAER a été confiée à Jean-Pierre Orand et Sylvie Mialet afin d’analyser le dispositif des stages tutorés (STER) et d’envisager ses évolutions possibles. Les objectifs de cette mission étaient multiples :
- évaluer l’adéquation du dispositif STER avec son objectif initial : favoriser l’installation et le maintien de vétérinaires dans les territoires ruraux, ainsi que la pratique de l’activité rurale,
- proposer des ajustements pour améliorer son efficacité,
- formuler des propositions réglementaires dans le cadre de l’article L815-5 du Code rural.
Rappel sur le dispositif STER
Mis en place en 2016-2017 pour répondre à la désertification vétérinaire en zones rurales, le stage tutoré bénéficie d’un soutien financier de la DGAL. Aujourd’hui, une centaine d'étudiants par an en bénéficient, pour un budget annuel d’environ 550 000 €.
Le dispositif repose sur un triptyque :
- un étudiant
- un vétérinaire praticien tuteur, soumis à une procédure de labellisation
- un enseignant tuteur au sein de l’ENV d’origine
Le stage, d’une durée de 18 semaines, se déroule majoritairement en structure à activité bovine. Des tutorats mixtes sont possibles depuis 2 ans, permettant de répartir le stage entre une structure rurale et une structure à dominante équine.
Les résultats de l'étude
L’étude met en évidence une satisfaction globale du dispositif : tuteurs, enseignants et étudiants s’accordent pour reconnaître que le STER facilite la transition vers la vie professionnelle.
Toutefois, les évaluateurs n’observent pas de différence significative en termes d’orientation vers l’activité rurale entre les étudiants ayant suivi un parcours classique d’approfondissement et ceux ayant réalisé un stage tutoré. Les zones peu attractives restent malheureusement peu attractives.
Un enjeu clé : l'évolution des critères de labellisation
La mission formule plusieurs recommandations que vous pourrez découvrir en détail dans le rapport complet (cf lien ci-dessous). Parmi les recommandations formulées, l’AVEF souhaite particulièrement souligner celle qui propose de faire évoluer les critères de labellisation des structures d’accueil afin d’intégrer d’autres productions animales et notamment l’équine.
Cette évolution permettrait de mieux refléter la diversité des pratiques vétérinaires et d’ouvrir plus largement le dispositif aux réalités du terrain.
Les autres recommandations portent davantage sur le fonctionnement général du tutorat :
- informer les étudiants dès leur entrée à l’ENV sur l’existence du dispositif,
- renforcer les échanges entre vétérinaire tuteur et tuteur enseignant,
- simplifier le processus de demande et de renouvellement de labellisation,
- mettre en place une formation spécifique destinée aux vétérinaires tuteurs,
- et, pour le MAASA : analyser les besoins pour permettre aux étudiants français formés à l’étranger d’accéder eux aussi au dispositif.
La position de l'AVEF
Pour l’AVEF, une immersion progressive et accompagnée des étudiants est un élément clé de leur entrée dans le monde professionnel.
En médecine équine, les enjeux sont spécifiques : gestion parfois délicate des propriétaires, valeur élevée des chevaux entraînant des risques financiers dépassant les capacités assurantielles des jeunes praticiens, et manque de confiance en soi au début de la carrière.
C’est pourquoi l’AVEF se mobilise activement pour favoriser :
- la mise en place de tutorats en équine,
- la possibilité de stages longs,
- et/ou, après l’École, des parcours de formation continue et accompagnée pour sécuriser l’immersion professionnelle.
Notre engagement, depuis quelques années déjà, est tourné vers la sécurisation et la structuration de l’immersion professionnelle des jeunes confrères et consœurs en médecine équine. Nous espérons donc que cette recommandation (R3) de la mission du CGAAER sera entendue et soutenue !
Rapport du CGAAER : https://agriculture.gouv.fr/stages-tutores-veterinaires