Démographie vétérinaire équine : où en est-on en 2025 ?
31/12/2025
Non classé - Pratique
Les données de l’Atlas démographique 2024 de la profession vétérinaire, publiées en 2025, confirment une tendance encourageante pour l’activité équine en France.
Au 31 décembre 2024, 3 688 vétérinaires déclarent une activité équine, soit environ 16 à 17 % de la profession vétérinaire.
Parmi eux, 690 exercent en équine exclusive, sur un total de plus de 1300 vétérinaires à activité dominante équine. Au final, la grande majorité pratique l’équine dans le cadre d’une activité mixte (équine–canine, équine–rurale ou équine–autre).
Cette progression s’inscrit dans une dynamique continue observée depuis plusieurs années : le nombre de vétérinaires déclarant une activité équine augmente régulièrement. Toutefois, cette croissance repose davantage sur des formes hybrides d’exercice que sur une augmentation franche des vocations en équine exclusive.
D’un point de vue démographique, l’activité équine suit les grandes évolutions de la profession :
- une féminisation marquée, notamment chez les moins de 40 ans,
- un âge moyen autour de la quarantaine, avec un vieillissement plus net chez les vétérinaires équins historiques et dans certains territoires ruraux,
- Une progression du salariat, en particulier chez les jeunes consœurs et confrères.
Ces évolutions interrogent directement les enjeux de transmission, d’organisation du travail et d’attractivité de la filière équine, défi de ces prochaines années pour le monde vétérinaire, et particulièrement le milieu équin.
La pratique équine demeure exigeante (gardes, déplacements, pénibilité), souvent moins rentable, ce qui explique que de nombreuses structures ne la maintiennent qu’en lien avec d’autres activités. Plusieurs analyses convergent vers un constat : en dessous d’un certain seuil d’activité équine la mixité devient difficile à pérenniser au sein des structures.
Au-delà des chiffres, l’activité équine joue un rôle stratégique, elle contribue au maintien du maillage vétérinaire dans des zones où l’activité rurale seule ne suffit plus et participe à l’attractivité et à la vitalité de certains territoires.
Pour autant, les données 2025 montrent que la principale difficulté n’est pas tant le volume global de vétérinaires équins que leur répartition territoriale, l’adéquation des modèles économiques et la compatibilité avec les attentes des nouvelles générations.
Si l’on s’intéresse aux revenus en activité libérale, l’écart de revenus annuels moyens entre les hommes et les femmes reste majeur, avec environ 55000 euros pour les femmes et 105000 euros pour les hommes. Cette donnée questionne sur les modes d’exercice. Le sujet de la rémunération en équine, peu abordée, devient un enjeu majeur dans une profession qui se féminise. Le poids des déterminants sociaux, de l’éducation et de l’intégration de la maternité dans les parcours professionnels constitue un enjeu majeur du monde vétérinaire. Cela nécessite une prise de conscience collective, pour uniformiser et stabiliser les niveaux de rémunération.
L’enjeu des prochaines années ne sera pas seulement de former davantage, mais surtout de continuer à rendre l’exercice équin durable, attractif et transmissible, au service des chevaux, des structures vétérinaires et des territoires.
Charlotte Firidolfi, DV et membre du CA de L'AVEF