Les Lyonnais font le tour des toxiques
29/03/2026
AVEF Junior - AVEFjr Lyon
Ce mercredi 25 mars, Ameline Azam, vétérinaire diplômée de l’école de Lyon, nous a fait l’honneur de revenir dans son fief pour animer une conférence sur la place des urgences toxicologiques dans le monde de la médecine équine. Son travail au CNITV (Centre national d’informations toxicologiques vétérinaires) pendant 4 ans lui a permis de développer son expérience et d’acquérir de nombreuses connaissances sur le sujet des intoxications en équine. Elle est aujourd’hui vétérinaire responsable technique et pharmacovigilance chez Melchior santé.
La conférence a débuté par une description des acteurs de la toxicologie et l’évolution des différents sujets d’appels. C’est sans surprise que la part d’appels liés aux pesticides est en constante diminution depuis que la réglementation est de plus en plus stricte à ce sujet. En revanche la part d’appel pour des suspicions d’intoxication aux plantes est en augmentation. On pourrait faire l’hypothèse que la diminution des pesticides entraîne la réapparition d’une grande diversité de plantes dont certaines sont toxiques.
La suite de la conférence a permis aux membres de l’AVEF junior de Lyon de comprendre pourquoi les chevaux sont particulièrement sujets aux intoxications. En effet leur hébergement fréquent en pâtures et leur alimentation majoritairement composée de fourrage les expose particulièrement à l’ingestion de plantes toxiques. De plus, leur incapacité physiologique à vomir les rend d’autant plus vulnérables face à l’ingestion d’une plante toxique. Le diagnostic est plutôt difficile à établir sachant que les signes cliniques sont peu spécifiques. En effet, on peut observer des troubles cardiaques, neurologiques, hépatiques ou cutanés. Ainsi, il est plus intéressant de se concentrer sur les circonstances d’apparition, par exemple une mort subite ou des cas similaires simultanés chez plusieurs chevaux peuvent faire penser à une intoxication. Différents examens complémentaires sont possibles afin d’investiguer une hypothèse d’intoxication. On peut réaliser divers prélèvements sur l’animal, mais il est également nécessaire de faire des prélèvements et des observations de l’environnement afin de découvrir la potentielle origine de l’intoxication. Finalement, si l’intoxication est avérée, la prise en charge de celle-ci passe par l’administration d’un antidote lorsque c’est possible, mais elle est majoritairement fondée sur une décontamination de l’environnement afin d’éliminer la source et sur un traitement de soutien afin de faire face aux signes cliniques.
Pour illustrer cette présentation, trois cas cliniques savamment choisis ont permis de mettre en œuvre concrètement la démarche diagnostique décrite précédemment. De plus, à travers ces cas, l’audience a pu découvrir les principales plantes à l’origine d’intoxications chez les chevaux.
En guise de take home message pour conclure cette conférence bienvenue, la Dre Azam a rappelé l’importance de faire remonter les cas d’intoxications. Car la toxicologie équine a encore beaucoup à apprendre des cas des jeunes vétérinaires !