Fractures transverses de la diaphyse distale de l’os métacarpal III chez 6 Pur-Sangs de course

Transverse stress fracture of the distal diaphysis of the third metacarpus in six Thoroughbred racehorses

Auteurs : Ramzan PHL

Revue et références : EVJ, 2009, 41 (6) 602-605.

 

Présentation des cas :

Article rapportant 6 cas cliniques de fractures transverses distales de l’os métacarpal III, diagnostiquées sur une période de 3 ans, dans une clinique équine de première ligne à Newmarket. Les chevaux étaient âgés de 2 à 4 ans ; 5 n’avaient jamais couru mais étaient à l’entrainement, 1 avait couru 2 fois. Toutes les fractures ont été identifiées sur les antérieurs. Le grade de boiterie était de 4/5 (3 cas) à 1-2/5 (1 cas) ; deux cas présentaient des boiteries multiples. Les signes cliniques incluaient systématiquement : un épaississement péri-articulaire du boulet et de la région métacarpienne distale, une douleur à la palpation du boulet. Aucune anesthésie diagnostique n’a été réalisée.

L’examen radiographique, incluant au moins 4 vues standards, la vue de face en flexion, révélait des remodelages de la partie palmaire, palmaro-médiale ou palmaro-latérale du 1/3 distal du cortex métacarpien : cal périosté, remodelage endocortical, et ostéolyse corticale. Ces signes radiographiques étaient présents dès l’examen initial chez 5 chevaux ; un cas a présenté une apparition retardée des anomalies radiographiques (12 jours après l’examen initial).

Tous les chevaux ont reçu un traitement conservateur : repos box strict de 4 à 10 semaines, avec un bandage compressif type Robert-Jones sur 5 cas. Un cheval a été euthanasié après aggravation de son état 13 jours après l’examen initial. 2 cas ont été réformés bien que non boiteux, 1 cas est retourné en course 20 mois après le traumatisme initial, 2 étaient encore en convalescence au moment de la rédaction de l’article.

 

Discussion : L’originalité de ce type de fracture est discutée. Même si elles sont extra-articulaires, ces fractures transverses de l’os métacarpal III doivent faire partie du diagnostic différentiel en cas de suspicion de fracture du boulet. L’apparition retardée des signes radiographiques est assez similaire à ce qui est observé dans les cas de fractures condylaires ou de P1. Dans ce cas, la répétition des examens radiographiques et/ou la réalisation d’examens d’imagerie avancés (scintigraphy, IRM) doivent être envisagées. L’auteur aborde l’étiopathogénie de ce type de fracture, en faveur d’une pathologie de stress ou fatigue osseuse, comme pour les fractures condylaires ou de P1. Les signes radiographiques étaient pathognomoniques en terme de localisation (cortex palmaire, sur les antérieurs) et d’orientation de la ligne de fracture. La prévalence des fractures transverses est faible.

Un traitement chirurgical peut être mis en place (plaques de compression), mais n’avait pas été choisi pour les cas décrits. La détérioration observée sur un cas et ayant motivé l’euthanasie du cheval, souligne les risques associés à ce type de fracture.

 

ANALYSE CRITIQUE :

Points positifs :

-          Description précise et claire de l’évolution de 6 cas cliniques.

-          Affection rare

-          Cas simples vus en première ligne.

-          Diagnostic radiographique pathognomonique.

 

Point négatif ou portant à discussion :

Comme le souligne l’auteur lui-même, le pronostic de ce type d’affection ne peut être établi sur la base de ce recueil de cas, étant donné le faible nombre de cas, et le fait que deux des chevaux n’aient pas encore repris l’activité (encore au repos).

 

 

Conclusion :

Bon article de présentation de cas cliniques avec un type de fracture de fatigue original.

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