Injection intra-lésionnelle de plasma enrichi en plaquettes (PRP) et programme d’exercice contrôlé pour le traitement de desmite du corps du ligament suspenseur du boulet chez le trotteur.

Intralesional injection of platelet-rich plasma followed by controlled exercise for treatment of midbody suspensory ligament desmitis in Standardbred racehorses.

Auteurs : Waselau M., Sutter W.W., Genovese R.L., Bertone A.L..
Revue et références : JAVMA, 2008, 232 (10) 1515-1520.

Objectifs de l’étude :
-    Déterminer l’évolution de 9 trotteurs présentant une desmite du corps du ligament suspenseur du boulet, traitée par une injection intra-lésionnelle échoguidée unique de PRP suivie d’un programme de reprise progressive de l’activité.

Matériel et Méthodes : Etude sur 9 trotteurs présentant une lésion aiguë du corps du ligament suspenseur du  boulet traités avec une injection unique de PRP, suivi d’un programme précis d’entraînement consistant à :
14j repos au box, 14j marche en main (15'), 30j marche en main (30'), 30j au petit trotting, 30j au jogging, 30j à 1'30/km et retour en course entre 151 et 180 jours.
Paramètres/facteurs étudiés :
âge, race, sexe, période d’arrêt consécutif à la lésion, nombre de courses et gains dans l’année précédent la lésion et dans les trois années suivantes. Les deux derniers paramètres pour chaque cheval sont comparés à ceux d’un groupe contrôle constitué de congénères choisis parmi ceux du même age, sexe et année d’exploitation, avec un nombre de courses, gains et gains par course similaires avant la lésion.

Résultats et Discussion : Tous les chevaux traités sont retournés en course dans un délai moyen de 32 semaines après le traitement. Uniquement 5 des 9 chevaux ont couru trois ans après le traitement. Les gains et nombre de départs par an des chevaux traités dans la deuxième année était similaire à ceux avant la lésion, cependant, dans la première et troisième année, les gains ont été inférieurs. Les gains par course ont été similaires pendant les trois ans après la lésion, et dans l’année précédente. Par ailleurs, il n’y a pas de différence significative pour les gains et le nombre de courses entre les chevaux atteints sur les antérieurs et ceux atteints sur les postérieurs. Par rapport au groupe contrôle, les chevaux traités ont des gains par course inférieurs dans la première année suivant la lésion, et ont réalisé moins de départs pendant la troisième année. D’autre mode, il n’y a pas de différence significative pour les autres années.
Le pronostic sportif de retour en course après une desmite du corps du suspenseur traitée par injection intra-lésionnelle unique de PRP et programme précis de reprise du travail est excellent, néanmoins les résultats présentés ne permettent pas de déceler l’influence individuelle du PRP et du programme d’entraînement.
 
ANALYSE CRITIQUE :
Points positifs :
-    Description de l’évolution sur cas cliniques spontanés.
-    Long suivi sportif des chevaux (2-3 ans).
-    Bon article de méthodologie.
-    Mise en évidence de la difficulté de réaliser des études de terrain avec un groupe contrôle.

Points négatifs ou portant à discussion :

-    Cet article ne doit pas être considéré comme une démonstration de l’efficacité du PRP, mais comme une description de la technique, car le groupe traité comme le contrôle présentent des biais qui limitent l’objectivité des conclusions :
➢    Le groupe traité : Les critères d’inclusion pour cette étude sont des chevaux présentant une lésion du corps du suspenseur entre 2003 et 2004, dont on dispose du suivi sportif pendant deux ou trois ans. Les chevaux ayant une lésion du suspenseur mais n’ayant pas de performances sportives sont donc d’emblée exclus, ce qui biaise les résultats d’efficacité.
➢    Le groupe contrôle (différent de groupe placebo) :
o    Les chevaux contrôles sont considérés comme « sains », mais antécédents pathologiques inconnus.  
o    Les chevaux contrôles sont sensés avoir le même niveau en course que leurs homologues traités, mais gains des chevaux traités supérieurs au groupe contrôle avant la lésion (donc chevaux contrôles moins performants!!).
-    Méthode : Ils conseillent d’injecter un volume total allant jusqu’à 9 ml dans la lésion. On peut alors se demander si un tel volume ne peut pas être un facteur aggravant ou réactivant la lésion ??
-    Aucune indication sur : suivi clinique et échographique, ferrures mises en place.
-    Programme de reprise d’activité décrit = 3 mois de pas, puis reprise jogging 1 mois, puis accélération 1’30/km
➢    Beaucoup de pas (3 mois) suivi d’une reprise assez rapide de la vitesse max.

Conclusion :
L’utilisation du PRP dans le traitement des tendinites est possible chez le cheval avec des résultats satisfaisants, mais son efficacité par rapport à la guérison spontanée doit encore être prouvée.

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