Culture bactérienne lors d’infection des structures synoviales chez le cheval : une culture bactérienne positive influence-t-elle le pronostic ?

Résumé réalisé par A. Lechartier, d’après A. H. Taylor et al

Bacterial culture of septic synovial structures of horses: does a positive bacterial culture influence prognosis?

Equine Veterinary Journal 2010, 42 (3) 213-218.  

 

La mise en évidence d’un phénomène infectieux dans une structure synoviale chez le cheval engage le pronostic vital. Cependant, une étude rétrospective récente réalisée au Royaume Uni sur 206 cas d’arthrites septiques d’origine traumatique ou iatrogène sur des chevaux âgés de plus de 6 mois  montre un pronostic vital à court terme (sortie de l’hôpital) de 89,9% et un taux de retour à une activité au niveau antérieur de 69,5%. Ce dernier résultat est supérieur aux résultats de Schneider 1992 avec 56% mais inférieur à ceux de Wright, 2003 avec  81% de retour en activité.

Ce qui fait la particularité de cette étude est l’intérêt de la valeur pronostique des résultats des cultures bactériologiques réalisées sur des liquides synoviaux prélevés à l’arrivée dans les deux centres de référés.  Sur les 206 chevaux évalués (mise en évidence d’une infection synoviale et pour lesquels une culture a été réalisée), 67 (33%) ont eu une culture positive alors que 139 ont eu une culture négative. Parmi les 67 chevaux, 50 ont survécu jusqu’à être apte à sortir de l’hôpital (taux de survie à court terme), les autres ont été euthanasiés pour incapacité à soigner l’infection (14), raison financière ou blessures concomitantes. Ces chevaux avaient 19 fois plus de chance d’être euthanasiés que les chevaux pour lesquels les cultures étaient négatives (135 chevaux sur 139 ont survécu à court terme). De plus, les chevaux pour lesquels un staphylococcus aureus a été isolé avaient 30 fois plus de chance d’être euthanasiés que les chevaux à culture négative.

A long terme, sur les 36 chevaux culture positif disponibles, 8 (22,2%) étaient utilisés à un niveau inférieur au niveau antérieur et 24 (66,7%) étaient utilisés à un niveau égal ou supérieur au niveau antérieur. Sur les 105 chevaux culture négatif disponibles, 26 (24,6%) avaient des performances plus faibles et 74 (70,5 %) avaient des performances supérieures ou égales au niveau antérieur. Après correction, il apparait que le pronostic à long terme est également significativement plus faible pour retour au niveau antérieur pour les chevaux culture positifs. Par ailleurs, l’isolation de St aureus multiplie par 6,4 la probabilité que le cheval ne retrouve pas son niveau antérieur à long terme (p= 0,015).

Une culture négative ne signifie pas l’absence d’infection. Les causes qui peuvent influencer le taux de culture positif sont variables (séquestration des bactéries dans la membrane synoviale, qualités bactéricides du liquide synovial, qualité du prélèvement et délai de culture. Avec un taux de culture positive à 32,5%, cette étude se situe dans les normes déjà publiées chez le cheval (22 à 74%). La conservation du prélèvement dans un milieu de culture au sang est un facteur améliorateur.

L’administration  d’antibiotiques avant d’effectuer un prélèvement a été désignée comme un facteur négatif (Ince et al., 2004). Dans cette étude, 173 chevaux sur 206 (84%) avaient reçu un traitement antibiotique avant que la culture ne soit réalisée. Cependant, il n’a pas été montré de différence significative en terme de pourcentage de culture négative entre chevaux traités et chevaux non traités (P=0.06).  

Conclusion : une culture bactérienne positive minore significativement le pronostic vital et les chances de retour en course au niveau antérieur lors d’arthrite septique, en particulier lors d’isolement de staphylococcus aureus. L’administration préalable d’antibiotiques n’influence pas significativement le résultat de la culture. Il est recommandé d’employer un milieu enrichi ou des bouteiiles d’hémoculture pour la mise en culture du liquide synovial.