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Sepsis synovial après chirurgie endoscopique : risque augmenté après ténoscopie du canal carpien

Résumé réalisé par M. Cousty,

d’après Hawthorn A, Reardon R, O’Meara B, James F, Bladon B - Post operative synovial sepsis following endoscopic  surgery: Increased risk associated with the carpal sheath. Equine Vet J (2016) 48:430–433.

Introduction

Il n’y a pas à ce jour d’études portant sur l’incidence des synovites septiques post-opératoires après interventions dans une gaine ou une bourse tendineuse. Plusieurs études décrivent en revanche les synovites septiques post-opératoires suite aux interventions sur les articulations. Les observations cliniques ont conduit à l’hypothèse que les gaines tendineuses sont a priori plus sujettes aux infections postopératoires que les autres structures synoviales. L’objectif de cette étude est d’étudier le taux de synovites septiques postopératoires sur les différentes structures synoviales (articulations, bourses et gaines) après une chirurgie endoscopique élective (arthroscopie, bursoscopie ou ténoscopie).

Matériel et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur les dossiers médicaux de chevaux ayant subi une arthroscopie, ténoscopie ou bursoscopie à la clinique vétérinaire de Donnington Grove (UK) entre 1999 et 2012. Le signalement, les structures anatomiques impliquées, l’utilisation d’un bistouri électrique, d’un garrot ou d’un shaver, la présence d’une fracture, le nombre de structures examinées, et si la chirurgie a été effectuée sur cheval debout ou sous anesthésie générale ont été notées.

Une régression logistique multivariée est utilisée pour évaluer la relation entre la variable sélectionnée et la synovite septique. Les taux de probabilité et intervalles de confiance à 95 % sont calculés (p < 0,05).

Résultats

Une chirurgie endoscopique a été réalisée sur 3159 structures synoviales, dont 2517 articulations, 583 gaines tendineuses et 59 bourses, sur un total de 1670 chevaux. Seize cas d’infections postopératoires, sur 16 chevaux, ont été constatés, soit un taux d’infection de 1 % (chevaux) ou de 0,5 % des structures impliquées. La probabilité d’infection synoviale postopératoire est 14,9 plus élevé pour la ténoscopie du canal carpien (4,8-45,9 [IC95] ; p < 0,01), et 5,21 plus élevée pour les ténoscopies en général (tous tendons confondus) (1,24-21,91 [IC95] ; p < 0,02), comparativement aux autres structures synoviales.

Conclusion

Les gaines tendineuses, et plus particulièrement celle du canal carpien, semblent présenter plus de risques de développer une infection postopératoire après une chirurgie endoscopique élective. Des investigations supplémentaires concernant l’intérêt d’une antibioprophylaxie systémique ou locale serait intéressant pour réduire ce risque lors de cette situation.

 

Traitement des slab fractures de l'os tarsal III par chirurgie mini-invasive utilisant une seule vis corticale 3.5 mm - Etude chez 17 cas.  

d’après Barker W.H. et Wright I.M. - Slab Fractures of the third tarsal bone : minimally invasive repair using a single 3.5mm cortex screw placed in lag fashion in 17 TB racehorses. Equine Vet J (2017) 49(2):216-220.

Résumé par Karine Pader

Intérêts de l'étude : Les fractures de l’os tarsal III chez le pur-sang anglais se produisent souvent dans une direction dorsomédiale à plantarolatérale. Ces fractures ont des configurations similaires, se produisent lors d’exercices à grande vitesse sans traumatisme et donc elles peuvent être définies comme des fractures de stress. Le traitement chirurgical de ces fractures permet d’optimiser la cicatrisation par ossification primaire et de limiter le développement d’arthrose. Une méthode minimalement invasive permettant de réparer les fractures bi-articulaires de l’os tarsal III n’a pas été précédemment décrite. De plus, chez le pur-sang anglais de course, les données sont manquantes quant au pronostic après traitement chirurgical des fractures frontales de l’os tarsal III.

Matériels & méthodes : Les cas cliniques ayant reçu un traitement chirurgical pour réparer une fracture bi-articulaire de l’os tarsal III ont été étudiés.  Un examen locomoteur ainsi qu’un examen radiographique de chaque jarret atteint a été réalisé avant la chirurgie. Spécifiquement, des vues DMPLO avec des angulations différentes ont été réalisées afin de mettre en évidence le plan de fracture. Cette vue radiographique additionnelle a été utilisée pendant la chirurgie pour assurer le placement de la vis de compression à 90° par rapport au trait de fracture. La fracture a été réduite à l’aide d’une vis de 3.5 mm placée sous contrôle radiographique à l’aide d’aiguilles directionnelles et via une incision de 15 mm. Le suivi des chevaux a été fait par téléphone auprès des propriétaires ou des vétérinaires référants ainsi qu’en consultant l’historique des courses.

Résultats : Dix-sept chevaux ont été opérés de cette manière. Aucune complication postopératoire n’a été rencontrée et un suivi était disponible pour tous les chevaux. Alors que 3 chevaux étaient toujours en convalescence au moment de l’écriture de l’article, 11 (79%) ont couru après la chirurgie, 2 étaient retournés à l’entraînement et 1 était en retraite. Les chevaux retournés en course avaient une moyenne de 11 départs après la chirurgie avec une moyenne de 1.64 victoires et 2.37 places. Toutes les fractures avaient cicatrisé d’un point de vue radiographique entre 4 et 6 mois après la chirurgie.  

Conclusion : Le traitement chirurgical minimalement invasif des fractures bi-articulaires de l’os tarsal III chez le pur-sang anglais de course est une alternative fiable voire supérieure au traitement conservateur.  

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